samedi 3 mars 2012

Pérou #14 - Puno / Copacabana / La Paz

Jeudi 1er mars 2012

Encore un réveil matutinal.
Notre hôte a la gentillesse d'avoir préparé un bon petit déjeuner et a commandé un taxi. Direction la gare routière de Puno, pour prendre un bus de la compagnie Titicaca en direction de Copacabana et de la Paz en Bolivie.

L'organisation de l'embarquement est beaucoup moins rigoureuse qu'avec les transporteurs péruviens. Ce matin, pas de vérification des passeports et aucun enregistrement des bagages.
Nous prenons un premier bus qui s'arrêtera à la frontière, puis à Copacabana sur les rives boliviennes du lac Titicaca.
A la frontière péruvienne, le bus s'arrête et tous les passagers doivent descendre avec leurs passeports. Il faut passer les formalités de police, puis celles de la douane. Trois bus arrivent en même temps que le nôtre, car ils ont tous le même horaire de départ de Puno.
Ce sont donc approximativement 200 personnes à contrôler. Un sacré bazar dans cette foule de sacs à dos et bonnets péruviens qui ne seront portés que durant le voyage. Les bureaux sont engorgés et la file patiente gentiment sous la bruine.

Nous croisons avec plaisir notre papi Robert ainsi que deux couples rencontrés sur le bateau la veille.

Une fois nos cinq passeports validés par les autorités péruviennens en sortie, nous devons cheminer 300 mètres sur une piste alors que notre bus attend que tous ses passagers en aient fini.
A l'entrée en Bolivie, le douanier Antonio nous pique tranquillement notre unique stylo, ce qui permet d'accélérer les formalités douanières.

Nous nous re-installons dans notre autocar. Mon voisin est un étudiant colombien qui est étudiant sommelier en Argentine. Il rentre à Buenos Aires en car, en visitant le continent et me parle avec des étoiles dans les yeux des vins français.
Nous arrivons très rapidement à Copacabana, petite station balnéaire dans laquelle nous faisons la pause déjeuner pour nous familiariser aux Bolivianos, la monnaie locale, avant de changer de bus et de fuseau horaire.
Le départ est sensé avoir lieu à 13h, nous partons avec presque 45 mns de retard dans un car de confort moyen, sur des routes en état relatif. Bienvenue en Bolivie !

Avant de quitter les rives du Titicaca, le bus doit passer le lac par ferry au village de Tinquina. La large barque s'affaisse sous le poids du car, pendant qe nous prenons des barquettes qui traversent le detroit en 10 mns.
De l'autre côté, il est possible de se désaltérer de jus d'abricot, ou de grignoter des fritures de poissons.
L'attente nous permet d'observer les costumes traditionnels des Boliviennes, qui portent leur chapeau melon, et sont vêtues d'une jupe brodée chamarrée qu'elles recouvrent d'un châle à franges.

Nous remontons à nouveau dans le bus, et certains passagers se trompent de car...La route traverse les paysages typiques de l'Altiplano, montagne aride avec quelques herbes. Dans les rares villages, cochons noirs, vaches et moutons broutent librement au bord de la route.

Nous nous assoupissons, las de toutes ces transitions et rouvrons les yeux quand le bus commence à avoir une progression moins régulière.
Nous voilà aux abords de la grande ville et au coeur de ses embouteillages.

Une autoroute nous mène dans son ventre. La vie citadine grouille de partout, la circulation est dantesque et chaotique. Quel choc après la tranquillité de ces deux derniers jours.
Un urbanisme colonisant l'ensemble des collines, avec constructions désordonnées qui poussent comme des champignons sur la montagne. Très peu de bâtiments sont peints et les rues sont extrêmement pentues.
La métropole est très impressionnante, voire étouffante.

La ville de La Paz s’est développée dans la vallée de Chuquiago Marka entourée par les montagnes Huayna Potosí (6 088 m) et Nevado Illimani (6 460 m), non loin du lac Titicaca. Sa topographie atypique en fait la capitale la plus haute du monde.
La ville, dont le centre se situe à 3 600 m d’altitude, s’étend sur un dénivelé de plus de 1 000 m entre les quartiers aisés de la zone sud : Florida, la Rinconada, Achumani, ou Aranjuez (3 020 m) et le haut plateau d’El Alto (4 000 m), refuge des classes défavorisées.

Nous arrivons à 17.30 à la gare routière et prenons immédiatement un taxi pour trouver un hôtel.
Nos guides de voyage recommandent plusieurs établissements dans la même rue et notre premier essai est vite transformé.
Après une succession d'hôtels et pensions à prix très raisonnables, nous explosons notre moyenne en prix d'hébergement à l'hôtel Rosario. Ce très confortable 3 étoiles nous permettra de nous requinquer un peu.
Il est situé dans un quartier où le touriste de tout niveau pourra trouver agences de voyages, laveries, matériel de randonnée, restaurants, souvenirs, pharmacies, webcafés, etc...

Nous posons nos sacs à dos et allons à la quête d'informations pour nos pérégrinations futures en Bolivie. Nous avions projeté de partir rapidement plus au Sud vers le salar d'Uyuni, mais nous apprenons que les dernières pluies rendent son accès difficile. La ligne ferrée est fermée et les trajets en bus sont d'une durée hypothéthique.
Pour prendre moins de risque, nous modifions notre itinéraire et réservons un départ en bus de nuit samedi pour Sucre, la capitale.

Nous dînons rapidement à proximité de l'hôtel et pendant que les enfants s'endorment, je m'attèlle à mes devoirs de vacances.
Encore une bonne nuit réparatrice en vue.









S@lvam's Life

vendredi 2 mars 2012

Pérou #13 - Sur les îles du lac Titicaca : Amantani / Taquile / Puno

Mercredi 29 février 2012

Olga nous réveille à 6.30 pour un petit déjeuner gargantuesque avec des pains maison et des crêpes.
Nous quittons l'accueillante Victoria et sa maison perchée sur la colline, pour redescendre au port. Une certaine effervescence y règne en ce jour de marché. Les habitants d'Amantani s'y pressent pour assurer leur subsistance quotidienne. Les femmes et les jeunes filles portent toutes le chuco, rectangle de coton noir superbement brodé de fleurs colorées, qui est spécifique à leur île.
En guise de stands, moins d'une dizaine de marchands ont étalé des bâches en plastique pour y poser fruits, légumes, viandes et produits de première nécessité proposés aux 4000 habitants d'Amantani.

Notre bateau vient nous chercher avec à son bord Bruno et les autres touristes qui ont tous dormi dans un autre village.
Nous continuons ensemble notre trajet vers Taquile, une île d'une superficie moindre que celle que nous quittons.
Ouverte depuis moins longtemps au tourisme, Taquile a bien rattrapé son retard en la matière. Droit d'entrée, coopérative artisanale, restaurant communautaire, Taquile exploite pleinement sa richesse en confection textile. Les chefs de ses communautés accueillent les touristes fraîchement débarqués et emmenés sur une solide côte. Ils échangent avec les responsables de groupe des feuilles de coca et exposent avec fierté leurs costumes à la fois chics et chamarrés. L'uniforme d'autorité suprême les distingue des autres hommes par un gilet brodé, un ceinturon particulier ainsi que leurs bonnets bariolés et les sacoches pour les feuilles de coca.
L'habit tradtionnel est un habit courant, il n'est pas porté uniquement pour montrer le folklore aux visiteurs. Bonnet à dominante rouge pour les hommes mariés, blanc et rouge pour les hommes célibataires. Une ceinture avec un renforcement lombaire reprend les travaux agricoles calendaires, l'homme en tisse une partie, la femme l'autre en y glissant un cheveu en témoignage de son amour. Pour la gente féminine, le chuco ici n'est pas brodé mais bordé de pompons qui sont plus volumineux si le jeune femme est à marier.
Depuis peu, les îliens sont autorisés à élire leur conjoint sans restriction communautaire ou géographique, afin de limiter les problèmes de consanguinité.

Si au démarrage du sentier l'arrivée en troupeau de touristes est assez désagreable, l'effort physique demandé et les stops nombreux pour admirer le paysage et prendre des photos font que la promenade est finalement assez tranquille.
Alors que les étrangers s'essouflent en montant, les Taquiliens grimpent rapidement en filant la laine simultanément.
De nombreux ovins paissent tranquillement sur les terrasses, et nos deux guides nous montrent les multiples variétés de pommes de terre.
Le chemin, pavé par les habitants, est bordé d'eucalyptus. Des touches de couleurs sur les fils à linge tranchent sur l'habitat fait en terre cuite.

Après 3/4 d'heure de marche, nous atteignons en formation disparate la place principale du village où domine la Mairie, la coopérative artisanale et le restaurant communautaire.
Dans cette économie solidaire, 10 % des recettes sont reversées à la communauté pour l'édification et la maintenance des équipements communs.

Nous déjeunons avec Olga et Robert sur la terrasse du restaurant communautaire et testons une autre façon de déguster les truites. Nous devons ensuite rejoindre le groupe pour reprendre le bateau et retrouver la ville et ses klaxons.
584 marches, comptées par #1, nous séparent du port. La descente pourrait être rapide mais les points de vue sont merveilleux et quelques enfants vendent des petits bracelets tissés avant de reprendre l'école.

Tout en cheminant, nous discutons avec Robert qui partage avec enthousiasme ses expériences de 50 ans de bourlingueur, et avec Olga qui s'inquiète du devenir de ces îles à l'écosystème si fragile mais qui ont besoin des touristes pour survivre.

Olga était autrefois travailleur social, et malgré les besoins évidents de la population, et en l'absence de politique publique continue, ce secteur d'activité ne lui a pas permis d'avoir des revenus réguliers.
Seule responsable de sa mère, elle développe tranquillement son activité de guide indépendante qui est toutefois soumise à la saisonnalité touristique. Sa notoriété dans les forums de voyageurs francophones n'est pas usurpée et nous ne manquons pas de faire connaître ses coordonnées olga_yina@hotmail.com afin que tout voyageur sur les îles du Titicaca puisse rencontrer cette femme douce et soucieuse pour ses clients et son environnement.

Une fois le groupe reformé, nous reprenons tous le bateau pour 3 heures de navigation avant de retrouver la terre ferme.
Le trajet est rapide car les enfants ont décidé de donner des cours de français à qui veut. Aki le jeune japonais, apprend incroyablement vite et fait rarissime pour un japonais, arrive à prononcer les R. A l'inverse Rachel, d'origine galloise, roucoule et ronronne à souhait et apprend à arrondir ses R. La classe se fait joyeusement alors que défile le paysage sompteux du lac, et ne voyant pas le temps passer, nous prenons de sacrés coups de soleil.

Après moultes photos et de grands fous rires, nous échangeons nos informations sur la suite du voyage, grandes accolades et emails.
Chacun continuera son bout de vie et peut- être certains se recroiseront.

Nous quittons à regret Olga et nous nous rendons à la maison d'hôtes d'Isaac et Laeticia pour prendre une douche brûlante. Nous retournons dîner à la Casona pour un autre ceviche, et pour célébrer la fin notre périple péruvien nous achetons deux statuettes en céramique.
Avant notre coucher, Laeticia qui est réflexologue analyse dans nos mains droites notre circulation sanguine et devine aisément les petits travers de chacun. Elle nous prodigue moults avertissements sur la Bolivie, pays moins riche que le Pérou.
Alors que la pluie est de nouveau de la fête, nous nous endormons en rêvant d'Olga et d'Amantani.












S@lvam's Life

Pérou #12 - Sur les îles du lac Titicaca : Uros / Amantani

Mardi 28 février 2012

Nouveau réveil matinal car nous devons déposer nos bagages à la Résidence Cricarlet, dans la maison d'hôtes d'Isaac et rejoindre le groupe avec lequel nous partagerons le bateau.
Isaac, adorable Monsieur d'une cinquantaine d'années, et son épouse Laeticia, se chargeront de notre linge à laver et de garder nos bagages pendant notre itinéraire de 36 heures sur les îles du lac Titicaca.

Le groupe est guidé par le dynamique Bruno, et est formé par une majorité de jeunes gens de toute provenance âgés en moyenne de 25 ans. Se démarquent deux mexicaines frisant la soixantaine, un homme français d'un âge certain, et une galloise d'une quarantaine d'années.
Olga, notre guide personnelle, nous rejoint et nous voilà près de 25 personnes à naviguer jusqu'aux îles Uros.

Il s'agit d'îles flottantes, composées de blocs de tourbe épais d'environ treize mètres, sur lesquels reposent des entrelacs de roseaux ou tortora. L'île est ensuite amarrée pour empêcher sa dérive et est habitée par une famille avec une vingtaine de personnes, réparties dans plusieurs cabanes en roseaux séchés de forme carrée, ou en hutte pour un habitat plus traditionnel.
Il n'y a évidemment pas d'électricité, mais certaines îles ont investi dans des panneaux solaires alimentant maisons et téléphone.
Les habitants expliquent très bien le mode constructif, font goûter le pied tendre et blanc du roseau et proposent leurs produits artisanaux à la vente.
C'est à ce moment crucial de cette visite très touristique qu'il se met à pleuvoir.
Il nous est proposé de faire un tour dans une barque de roseaux, modèle carrosse de mariage.
Il y a aussi sur chaque île flottante un mirador qui permet de voir ce qui se passe chez les voisins. Certains ont développé de la pisciculture, d'autres des cafés ou une petite épicerie de ravitaillement.
Une école adventiste a également pris pied.
L'économie semble essentiellement tournée vers le tourisme, les bateaux se succèdent avec les touristes curieux de cet habitat en voie d'extinction.
Le sol des îles est assez élastique et rebondit sous nos pas.
Nous quittons les îles Uros avec une barquette de roseaux, souvenir de notre passage éphémère, et laissons la place à 20 autres touristes, accueillis comme s'ils étaient uniques.

Notre bateau se dirige ensuite vers Amantani, située à 3 heures de navigation d'Uros.
Cette longue traversée, sous un ciel qui se dégage petit à petit, permet aux uns et aux autres de faire connaissance. Mon voisin s'apelle Aki et est japonais. Cet étudiant en droit fait un tour d'Amérique du Sud en 3 mois.
Il y a également Rachel la Galloise, qui a décidé de plaquer son poste de médecin en clinique pour se poser un peu sans autre objectif que de profiter de l'instant présent.
Durant la croisière, Bruno nous donne quelques informations sur le lac Titicaca. D'abord ici cela s'écrit Titikaka. Cela signifie en quechua le puma gris, en raison de la couleur foncée de ses fonds et d'une forme qui s'apparentraît à cet animal. Ensuite, cela ne se prononce pas comme vous le pensiez, mais il faut mettre un 'h' avant les a. Bref, c'est un endroit simplement beau mais avec une culture difficile à appréhender pour le touriste moyen.
Le lac Titicaca s'étend sur environ 8 562 km², parmi lesquels 4 772 km² correspondent au territoire péruvien et le reste (3 790) à la Bolivie.
Sa longueur est de 204 kilomètres, sa largeur de 65 kilomètres.
Situé à 3 812 mètres au-dessus du niveau de la mer, il a une profondeur moyenne de 107 mètres et une profondeur maximale de 284 mètres. Il s'agit du plus haut lac navigable au monde.
Plus de vingt-cinq rivières se jettent dans le lac. Le lac compte quarante et une îles dont certaines sont habitées.

Ses eaux sont en baisse à la fois en niveau et à la fois en volume de poissons, en raison du réchauffement climatique et d'une surpêche.
Cependant le reflet des nuages sur le lac et les quelques barques de pêcheurs rendent le paysage magique.

Sur l'île d'Amantani, nous logerons chez la maman d'Olga alors que les autres personnes du groupe seront réparties dans plusieurs familles d'une autre communauté / village.
Le bateau nous dépose en contrebas de Colchepaqui, où demeure Victoria 55 ans, la mère d'Olga.
Nous y partagerons le gîte et le couvert avec Robert, retraité de l'éducation nationale qui a bourlingué à travers l'Afrique en expatriation, et dont la soif d'ailleurs reste constante. Du haut de ses 74 ans, ce Français a bon pied bon oeil et me plante dans les 200 mètres de dénivelé menant du port à notre auberge rurale. Coincidence amusante, notre colocataire d´une nuit est résident a la Réunion.

La ballade est d'à peine 1 km mais la montée est sévère sous un soleil bien présent. Le sentier, pavé par les différentes communautés qui en bénéficient, est bien entretenu et traverse champs de céréales (avoine, quinoa, blé, maïs, orge) et de pommes de terre de toutes variétés.
L'habitat, fait de terres et toîts de paille, est assez dispersé. Une ligne électrique dessert les villages mais le coût du Kw/h est tant onéreux que les habitants, s'ils sont raccordés, ne l'utilisent qu'avec parcimonie.
Chaque maisonnée dispose de son lopin de terre pour son autosuffisance. La partie cultivable de l'île est divisée en quatre. Chaque quart est dédié à un type de culture : par exemple, une communauté se charge des pommes de terre, une autre des fèves, la troisième des carottes et le dernier quart est en jachère.
La rotation des cultures se fait à chaque saison et les récoltes sont communautaires.
L'organisation complète de la civilisation îlienne est basée sur un système solidaire et les élections des chefs de communauté sont l'expression démocratique d'un conseil des sages, personnalités généralement mariées et d'âge mur.

La maison de Victoria et d'Olga est en vue, entourée de fleurs et de pieds de quinoa. La demeure est modeste, ceinte d'un mur en latérite et bâtie en U depuis 1954. Ses toîts en tôle ondulée abritent 3 bâtiments dont deux disposent d'un étage.
Les hauteurs sous plafonds sont très basses, SuperPopa avec son mètre 80 y brosse ses cheveux. Les linteaux des portes sont encore moins élevês et nous nous cognons régulièrement.
Elles possèdent quelques moutons et des cochons d'Inde qu'elles revendent au marché.
Leurs productions agricoles sont pour leur consommation personnelle et comme la plupart des îliens, elles mangent peu de viande et peu de poisson.

En conséquence, le délicieux déjeuner qu'elles nous préparent avec des truites est un repas de fête auquel nous faisons tous honneur. Une soupe de quinoa au préalable et les truites grillées à la poêle posée sur un petit feu.
La salle à manger et la cuisine sont une même pièce et tout le talent d'Olga et de sa maman est de préparer les repas dans moins d'un m2, avec juste un foyer, une planche, un couteau et deux marmites.

Nous sortons de table en milieu d'après-midi et pour digérer, Olga nous invite à rendre visite au Pacchatata, représentant du Cosmos.
Il y a encore 200 mètres de dénivelé mais qui s'étalent sur 2 kms, la pente est donc moins raide et le soleil commence à faiblir. Le sentier s'éloigne progressivement des habitations et permet d'accéder à gauche au sanctuaire de la PacchaMama, la mère Nature, et nous prenons à droite la direction du Pacchatata, légerement moins élevé.
Le soleil couchant sublime les murailles et les quelques paysans que nous croisons.
Olga profite de la ballade pour nous narrer les légendes du lac, qui en font le berceau de la civilisation inca. Elle nous montre également les différentes plantes de la médecine traditionnelle locale, nous expliquant que la médecine moderne est trop coûteuse et ne remporte par la confiance des îliens.

Arrivés au sommet de la colline, à plus de 4100 m, Olga nous donne des feuilles de coca, à offrir au PacchaTata pour le remercier de sa bienveillance. Chacun d'entre nous glisse 3 feuilles dans le mur du sanctuaire et admire ensuite le coucher de soleil qui se reflète dans les eaux.
Nours redescendons dans la pénombre et la plénitude.

Nous dînons à la lueur d'une chandelle, d'une soupe de blé moulu et d'une purée de fèves, suivies d'une infusion de coca ou de menthe, ou encore de citronnelle. Les odeurs des plantes fraîchement coupées sont enivrantes.
La toilette se fait sommairement grâce à un petit réservoir que nos hôtesses ont eu la délicatesse de remplir d'eau chaude.

En l'absence de lumière, de chien et de chat, la voie lactée s'admire en toute quiétude.

Nous nous couchons au premier étage, sur les sommiers de roseaux avec d'épaisses couvertures. Pour éviter les chutes dans le petit escalier, nous disposons de pots de chambre, ce qui permettra une expérience nouvelle pour nos Sakados.

L'orage gronde sur le lac Titicaca, la grêle s'y joindra furtivement. Les grêlons puis les fortes pluies sonneront fort sur le toît durant une bonne partie de la nuit.












S@lvam's Life

Pérou #11 - Puno

Lundi 27 février 2012

Nous arrivons à Puno à 4.45, frigorifiés et les yeux mi-clos.
Totalement pris dans notre itinéraire compliqué pour arriver au Machu Picchu, puis par la mise en place d'un séjour sur le lac Titicaca, nous ne nous sommes guère intéressés à la réservation d'un hôtel à Puno.

Débarquer de nuit dans un lieu inconnu sans point de chute n'est jamais une bonne idée.
Nous avions visé dans un guide l'adresse d'une maison d'hôtes qui n'a pas d'email. Le taxi nous prévient qu'à cette heure matinale, l'établissement risque d'être fermé et insiste pour nous conduire dans un hôtel de sa connaissance.
La maison d'hôtes est effectivement fermée et nous refusons l'hôtel du chauffeur pour nous rendre dans un autre dont nous avait parlé Sheila, l'étudiante/agent de voyages de Cuzco.
Le chauffeur en profite pour doubler le prix de la course alors que les deux établissements sont assez proches, mais nous ne prenons pas le risque d'une discussion perdue d'avance dès potron-minet.

Nous posons donc nos sacs à dos au Point hotel où nous réveillons les jeunes réceptionnistes. Nous leur laissons notre linge boueux et nous nous recouchons immediatement sous 5 épaisses couvertures de laine.
Toute la famille dormira sans peine dans cet établissement crasseux et humide.

Nous sortons des bras de Morphée à l'heure du déjeuner, affamés.
Une douche glacée, des vêtements propres et un bon sommeil réparateur ont réveillé notre curiosité.

Puno, située à 3800 mètres, est un carrefour d'échanges importants, par sa situation sur les rives du Titicaca, qui en fait la ville péruvienne la plus proche de la Bolivie.
La ville est moderne, a gardé quelques bâtiments coloniaux et une artère piétonne, la jirón Lima, compose l'axe commerçant.
Pas d'intérêt particulier dans cette petite ville de 150.000 âmes, dont 10% d'étudiants.

C'est le jour de la rentrée scolaire, nous croisons quelques enfants en uniforme mais c'est surtout jour de paye.
Au Pérou, la plupart des transactions, même de montants importants, se font en espèces. Nous retirons très régulièrement de l'argent et les paiements en carte bancaire sont fortement taxés.
Aussi en cet avant-dernier jour du mois, les Péruviens se sont armés de patience pour toucher leur paye devant les caisses d'épargne locales. La file d'attente fait le tour du pâté de maison ou cuadra.

Nous devons rencontrer Olga, guide indépendante, dont nous avons trouvé les coordonnées sur différents forums de voyageurs.olga_yina@hotmail.com 
Originaire d'Amantani, une des principales îles de la partie péruvienne du lac Titicaca, elle propose un accompagnement personnalisé et l'hébergement dans sa famille.
Nous avons un peu échangé par mail ces derniers jours, entrecoupé de pauses quand Olga est en circuit avec ses clients, mais rien n'est encore figé pour notre séjour qui est sensé démarrer dès le lendemain.
Nous nous rendons donc à son bureau qui est aussi la maison d'hôtes que nous visions à l'aube.
Cette fois-ci, la porte est ouverte et son propriétaire Isaac nous accueille les bras ouverts. Il nous explique qu'Olga reviendra ce soir d'Amantani et que nous sommes bien programmés dans son planning les deux prochains jours. Il la dépêchera à notre hôtel ce soir pour nous expliquer le détail de son circuit.
Nous en profitons pour réserver la nuit de mercredi dans cette petite résidence coquette et propre, et Isaac se chargera de nos billets pour Puno / La Paz.

Il est temps de déjeuner et afin de compenser de notre hébergement douteux, nous nous attablons à la Casona, jirón Lima, table chic et plats goûteux dont un remarquable ceviche à la truite.
#2, au bord du malaise avant de passer à table, reprend des couleurs après quelques portions de pizza.
Le dessert est consommé au marché local, qui paraît bien fade après celui vibrant de Cuzco.

Nous rentrons faire une grande sieste dans l'hôtel propice aux pneumonies et en début de soirée nous faisons enfin la connaissance d'Olga.
Elle nous détaille le programme des deux prochains jours, à savoir que nous serons intégrés dans un circuit collectif pour les trajets en bateau sur le lac, et qu'elle sera notre guide personnelle sur les îles d'Amantani et de Taquile.

Nous dînons dans un restaurant péruvien, en évitant soigneusement le cochon d'Inde rôti et alors que la pluie tombe drû, nous couchons sous nos cinq couvertures avec l'espoir de sauter dans la carte postale dès le lendemain.




S@lvam's Life