jeudi 24 février 2011

9 février 2011 – Hakuna Matata

Après deux nuits dans l'aridité d'Amboseli, nous partons pour la frontière tanzanienne.
Au bout de trois heures de piste éreintante, nous atteignons la ville de Namanga.
Très active commercialement, elle est assaillie de camions transportant toutes sortes de produits manufacturés et agricoles.


Dans ce grand bazar roulant, Chaal nous fraye calmement un passage.



Les voitures ne sont pas contrôlées mais tous les passagers doivent présenter leurs passeports à des douaniers assis mollement dans leurs guichets. Les touristes jouent aussi bien des coudes que les autochtones pour avoir leur tampon de sortie. Il n'y a pas de ticket et les files d'attente sont anarchiques. C'est une vraie foire d'empoigne pour faire viser nos 5 passeports.

Deux cents mètres plus loin, l'entrée en Tanzanie est ubuesque.


D'une part la foule sortie du Kenya a mystérieusement disparu car il n'y a que nous cinq aux guichets des douaniers tanzaniens. D'autre part, hors ce passage normalement obligatoire pour vérification des visas d'entrée et de la vaccination contre la fièvre jaune, le territoire tanzanien semble complètement perméable comme les séparations internes de l'espace Schengen.
Le fonctionnaire de faction regarde à peine nos documents de voyage et ne se servira pas des scans et caméras pour enregistrer notre arrivée. Un cachet d'arrivée et basta.


Une des expressions les plus courantes en Tanzanie est « Hakuna Matata » et signifie pas de problème.
Il est donc aisé de pénétrer en cette terre qui réunit l'ancien Tanganyka et l'île de Zanzibar et leurs 120 ethnies.

Après avoir accompli ces légères formalités, nous changeons de voiture pour être pris en charge par Saad, chauffeur guide francophone qui sillonne son pays depuis 14 ans.

Il nous conduit d'abord à Arusha, 3e métropole de Tanzanie et capitale touristique du fait de sa proximité du Kilimandjaro, du Mont Meru et du parc éponyme.
Avec deux millions d'habitants, la ville est évidemment grouillante et constamment engorgée de voitures et deux roues.
Il y fait très lourd car cela fait plusieurs semaines que la pluie est attendue.

Située à 1400 m, Arusha dispose d'un climat idéal pour la culture du café qui ceint la cité à l'urbanisme désordonné.
Moins de 20% des habitants ont accès à l'eau courante et hors les grands axes de circulation, les accès secondaires sont en pistes non entretenues et totalement défoncées.
La ville est asphyxiée par l'exode rural et les trop nombreuses voitures encombrant un réseau routier pauvre.
Il ne semble pas y avoir de réseau d''assainissement correct, une multitude de chantiers semblent abandonnés mais ici on vénère Obama pour sa réussite et on loue le gouvernement japonais qui vient d'offrir 200 kms de goudron pour aller au parc du Seregenti.

A une encablure de ville, nous atteignons le parc d'Arusha qui constitue selon notre guide, une mise en bouche parfaite pour découvrir la faune tanzanienne en raison de surface modeste de 140 km².
Dans une dense forêt de ficus à faire pâlir le moindre appartement européen, se sont réfugiés d'adorables singes aux très longs poils noirs et blancs, les colobes.
Ceux-ci côtoient de nombreux ververts et des singes bleus.


Les différentes gazelles et antilopes sont également de la partie, avec les oies d'Egypte et une colonie de flamants nains en migration vers le lac Natron.
Girafes, gnous et buffles sont désormais du tout-venant mais nous assistons à une illumination biblique sur le Mont Méru.


Nous retournons en ville pour y passer une nuit dans l'Ilboru Safari Lodge, hôtel à 150 $ la nuit, aux chambres vétustes et au service minimal, juste assez pour nous rappeler qu'en Afrique les exigences occidentales valent de l'or.

2 commentaires:

  1. Top tes carnets... Précieux !
    Mdr les ficus parisiens, c'est trop ça...

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